Agenda ironique d’avril / Conversation

Lui :  Cause toujours, tu m’intéresses ! Voilà ce que dit ton air effronté qu’il faut que j’affronte encore aujourd ‘hui !

Elle : Je cause toujours, jour et nuit, nuit de velours, velours de ma robe que tu caresses, caresses de fripon car fripon tu es, mon ami.

Lui :   Alors tais-toi, puisque t’es toi sous ton toit, à me toiser, alanguie !

Elle : Maintenant je parlerai aux étoiles et plus à toi. Je leur raconterai la nuit à venir et les suivantes aussi. Des nuits d’ancre, à l’encre je les peindrai sur mes murs. Sans toi en sang sur le tapis.

Lui :   Peine perdue, répudiée, épiée, je ne t’en aimerais pas moins.

Elle : Alors nous échangerons nos vagues à l’âme au creux des vagues, nous partons ?

Lui :  Où ?

Elle : A l’amer, pour toujours, tous les jours.

Lui :   De l’amer amour nous mourrons peut-être ! Nos causeries auront-elles causé notre perte ?

Elle : Oui, mais par le verbe. Car  « quand l’amour se tait, l’amour est mort. »

D’un baiser il la fit taire et la coucha par terre, dans sa robe de velours et de nuit.

« Quand l’amour se tait, l’amour est mort », Hélène Ouvrard, le coeur sauvage

Illustration: Héloïse Dorsan Rachet, Causerie intime

Ici, tout ce qu’il faut savoir sur l’agenda ironique d’avril.

Anadiplose, anagramme, homophonie, j’ai essayé de faire tenir le tout, Ah l’amour !

6 commentaires

  1. Eh bien…côté jeux de mots, tu as fait fort !

    J’aime bien :
    -Où partons-nous ?
    – A l’amer, pour toujours !

    Et puis la façon dont il la fait taire…et que Brassens évoquait déjà :
    Sur sa bouche en feu qui criait « sois sage! »
    Il posa sa bouche en guise de bâillon
    Et c’fut l’plus charmant des remue-ménages,
    Qu’on ait vu d’mémoire de papillon… » 😉

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