Solitude

Elle attendait chaque jour, et regardait l’horizon… Elle était prête, elle attendait, elle espérait… mais personne ne venait.

Le tissu de la robe l’appelait encore mais le monde était silencieux, peuplé d’attente et d’incertitude.

Si la robe chantait, le monde se taisait. Le vent soufflait, une sorte de bise froide, et le tissu se cabrait, roidissait, formant une armure autour du corps de la femme esseulée.

Elle eut quelques amants qu’elle para de jolies couleurs. La robe se taisait mais le corps de la femme voulait s’enchanter. Alors, elle l’oublia, la rangea sur un cintre dans l’armoire des bonheurs perdus.

Elle renonça à la robe qui infiniment soupirait et tentait de la réconforter. Elle aurait tant voulu l’enlacer à nouveau, lui faire oublier les années qui passaient et la rigueur des hivers.

Une nuit de grand silence, un objet céleste illumina le ciel, éclaira la robe oubliée dans l’armoire entrouverte.

Le vêtement se chamarra à nouveau d’éclats de lune et de poussières d’étoiles, et glissa mollement sur le parquet.

 Le visage de la dormeuse s’éclaira dans son sommeil, elle rêva de comètes, et d’un homme dans la nuit.

Au matin, en se levant, son pied léger heurta le velours de la robe oubliée. C’était un chatouillement impertinent et léger.

Elle caressa la robe, lui fit mille tendresses pour se faire pardonner et l’enfila sur son corps nu.

Photo credit : Licence adobe stock

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